Après la nuit dans l’hôtel rouge fluo, nous nous levons aux premières heures pour passer la frontière le plus tôt possible. Il nous reste encore un détail à régler : Y a-t-il un bus pour nous emmener à notre prochaine destination. Il faut bien avouer que cette destination n’est pas encore définie. Des gens nous ont recommandés de passer la nuit à Kahama, ville depuis laquelle rejoindre Arusha devrait être possible. Nous partons alors aux aurores et pour une fois, nos avis divergent. Je propose de partir à droite et Alex à gauche. Nous finirons par suivre un vieil homme, qui donne raison à Alexandra. Le poste frontière est plutôt impressionnant. Entouré de grands barbelés, avec une route surveillée par une armada de caméras. Mais le comportement des locaux démystifie vite l’aspect infranchissable de ce passage. Des enfants jouent au sautant les barbelés, qui sont alors pliés et cassés par endroits. D’autres gens vont puiser de l’eau, en empruntant un chemin très informel, qui transperce la frontière.

Au bout de cette route se trouve le poste frontière tanzanien. Le visa nous est donné très facilement et cela fait un bien fou ! Alors que nous nous informons du taux de change en vigueur, un homme souriant nous aborde en nous demandant notre destination. Nous lui confions que nous voulons nous rendre à Arusha, sans savoir où faire escale. D’un rire malicieux, il nous répond en français : « Je suis votre homme, je travaille pour la compagnie de bus qui relie Kigali à Dar es Salaam. Personnellement je vous conseille d’aller jusqu’à Singida, passer la nuit et continuer le lendemain. Allez  juste prendre votre ticket dans le village de l’autre côté de la frontière et on se voit dans une heure ». Notre chance incroyable a encore frappé. Quelques minutes plus tard, notre ticket en poche, nous embarquons dans le bus. A nouveau, la seule indication sur notre heure d’arrivée est : « ce soir ! ». Le trajet est aussi très intéressant, les paysages sont incomparables à ceux du Rwanda. Nous sommes vite transposés dans la savane. La télévision du bus joue plusieurs hits de la région, ainsi que des clips dans la mouvance internationale actuelle. Mais le plus intéressant sont les films qui nous sont proposés. Même si ils sont sous-titrés, il est presque impossible de comprendre la trame. A nos yeux, l’absurde des situations rend le moment assez hilarant.

Le trajet est le plus long qui nous a été donné de faire tous les deux. 700 kilomètres en une journée. Avec quelques bananes et un petit repas en fin d’après-midi, nous arrivons épuisés dans cette ville complétement inconnue. La nuit, les stations de bus peuvent être plutôt anxiogènes. Entre les racolleurs aux yeux vitreux, nous nous fraillons un chemin jusqu’à un tuk-tuk et nous réfugions dans le seul hôtel présent dans notre guide de voyage. Finalement, le gardien de nuit nous amène dans une chambre munie de toilettes et d’une douche, chaude qui plus est. L’hôtel « Stanley » est un endroit plutôt accueillant, qui nous permettra de nous requinquer avant d’aller visiter notre première ville tanzanienne. Nous n’en connaissions même pas l’existence et la surprise s’annonce de taille.

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