Il y a des jours où tu n’as envie de ne rien faire. La force te manque et tu restes cloitré dans une chambre d’hôtel. La seule chose qui tourne rond est le ventilateur du plafond, réglé sur le mode hélicoptère à cause de la chaleur. Il y a des jours où tu te demandes ce que tu fous là, seul, alors que ta chérie est rentrée quelques jours plus tôt. Tu cherches quelques informations, entre deux siestes, tu sors pour te donner bonne conscience. Il y a même des jours où tu te demandes ce que tu fous là, tout seul à Dar es Salaam. Presque à remettre en question le rêve que tu as la chance de vivre.

Et après ces jours comme ça, il y a un jour où tu ne sors que pour chercher à manger. Tu vas au resto que tu connais, bon et pas cher. Mais il est fermé, alors tu te mets en quête d’un autre tout aussi bon marché, car autant économiser un peu d’argent pour la suite. Tu trouves alors un indien qui ne paye pas de mine et tu feuillettes mollement la carte pleine de graisse. En attendant ton assiette, une famille arrive et est obligée de se séparer en deux groupes, car tu as pris la dernière table. Alors tu te lèves et tu leur propose ta place, comme ça ils peuvent au moins manger ensemble. Etonnés et reconnaissants, ils acceptent et tu t’assieds alors à la même table qu’un père et son fils. Après quelques regards amicaux, la conversation se lancent et tu remarques, malgré ton envie d’être tranquille, que tu peux l’être en discutant avec des inconnus. Chacun parle de sa vie, rien que nos différences culturelles sont intéressantes. Avec eux et leur ouverture, tu refais le monde. Le jeune garçon est très fier d’utiliser les quelques mots de français qu’il a appris à l’école. Eux te parlent de leur pays d’origine, l’Inde, moi de la neige suisse. Puis le petit, particulièrement curieux, me demande si le réchauffement climatique se fait aussi ressentir dans mon pays. Je lui explique rapidement les effets qu’on peut observer, tout en étant énormement admiratif de ce petit gars de 10 ans. Il n’y peut rien, mais il est très triste et coupable de penser qu’à cause des hommes, la terre et ses cycles sont en train de changer. Puis, dans la discussion, tu prends la serviette de la table pour inscrire ton adresse mail, et tu plies consciencieusement l’adresse inscrite sur l’autre serviette que le père me tend. Avant de terminer le repas, l’homme fait encore par de son inquiétude concernant le climat politique actuel. Il a peur de Trump, de ces idées, de ces déclarations. Il voudrait voir un monde ouvert, un monde où son fils pourra se considérer comme un citoyen du monde. Cette phrase il l’a dit, l’œil brillant et le regard fier. Ne t’inquiètes pas Debdas, ton fils est sur la bonne voie. Au moment de se quitter, il se dirige alors pour régler l’addition et est étonné que j’ai déjà payé mon plat. Il me dit qu’il aurait voulu me l’offrir. Touché, je le remercie, mais surtout pour cette rencontre, dans ce resto qui paye pas de mine.

Il y a des jours où tu remercies le hasard, de tout ce qu’il a mis sur ton chemin, pour arriver à des moments comme celui-là. Tu te dis peut-être que t’avais besoin de rien faire, digérer les derniers événements, te remettre dans le bain. Il y a des jours où quand tu en as le plus besoin, il arrive quelque chose pour te rappeler ce que tu fous ici et la chance que tu as. Il y a des jours où tu te dis que ce n’est pas arrivé pour rien.
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Il manque une partie du voyage, mais je n’ai pas encore écris le passage concernant Zanzibar. Il viendra plus tard et les publications vont continuer, j’essaye de rattraper mon retard comme je peux.

Juste encore à noter, l’image est prise à une autre endroit, mais j’ai trouvé qu’elle allait très bien avec l’article. C’est le pont qui relie l’île de Mozambique avec le continent. C’est rare de le voir comme ça, car normalement le temps est magnifique ici.

Encore désolé pour ce retard et à bientot !

Thib

Une réflexion sur “Il y a des jours… 

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